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Retraites chéries

Où sont passées nos conquêtes sociales ?!

Il y a 66 ans, l’ensemble des mouvements de résistance s’accordait sur un programme pour une société plus humaine et plus juste pour tous. Ce programme est à l’origine de nombreuses conquêtes sociales qui prirent forme à la Libération et apportèrent l’espoir d’une société meilleure. Ces conquêtes sociales chèrement payées, étaient en droite ligne avec les avancées amorcées par le Front populaire de 1936. Nous devons au Conseil national de la Résistance : le droit de vote des femmes, le système de la Sécurité sociale et des retraites généralisées, le droit à la culture et à l’éducation pour tous, une presse délivrée de l’argent et de la corruption, des lois sociales ouvrières et agricoles, les grands services publics, les comités d’entreprises. Ce nouveau pacte social de 1944 est le socle commun de notre République, fruit d’un consensus politique rassembleur et ambitieux. Il est l’image même de la France : « un pacte social où les garanties collectives accordées à tous, loin de brider l’autonomie des individus, sont au contraire la condition de leur liberté ». Mais ce temps semble définitivement révolu. Aujourd’hui, toutes ces conquêtes sociales sont remises en cause, quand elles ne sont pas complètement démantelées au nom d’une prétendue adaptation de la société aux règles de la mondialisation. Les idéaux de la Résistance doivent survivre, c’est notre âme que l’on corrompt ! Il ne s’agit pas « que » d’un allongement du droit à la retraite à 60 ans mais bien d’un processus de casse sociale. La réforme des hôpitaux, le « lifting » du droit du travail, la réforme du système scolaire, la réforme de l’Université, la réforme des collectivités territoriales, la fin du Juge d’Instruction, le « Plan Espoir Banlieue » qui n’a que de nom d’espoir… , le RSA, le bouclier fiscal, et enfin, enfin la réforme des retraites. On l’attendait depuis longtemps celle-ci. Voilà très chers amis, nous allons être servis ! Si je devais en retenir quelques transformations essentielles : la fin du code des pensions (fin du système des retraites des fonctionnaires et donc alignement avec le privé), fin de la prise en compte du congés maternité, fin de la retraite à 60 ans… Finalement, on nous explique qu’il faut allonger la durée des cotisations et que l’on partira (si l’on part réellement) à la retraite à 63, voir 65 ans. Que fait-on des salariés qui ont des métiers à hautes pénibilités : les artisans, les agriculteurs, les maçons, les infirmières, et tant d’autres métiers ? À ces gens qui sont cassés, usés par le travail dès l’âge de 40 ans on va leur dire, désolé les copains mais vous allez vous arrêter qu’à 65 ans ? Ils ne seront déjà plus de ce monde pour prendre une retraite bien méritée ! Cet allongement des cotisations ne prend donc pas en compte la difficulté des séniors à trouver un véritable emploi, car pour travailler jusqu’à 65 ans encore faudrait-il avoir un emploi ! Martine Aubry, le résume très clairement : « Une réforme juste, c’est l’âge légal à la retraite maintenu à 60 ans, c’est la prise en compte de la pénibilité et des carrières longues, c’est la possibilité pour ceux qui le souhaitent de partir plus tard ».

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Elodie Massé

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