Intervention du 6 Mars 2009 auprès des employées de la Mairie
Bonjour à toutes et à tous, Daniel Davisse, notre maire, m’a proposé d’intervenir aujourd’hui dans le cadre de la Journée internationale des femmes. Cette journée ne doit pas être une mascarade pour faire plaisir à certaines sur la prise en compte de notre statut mais bien une journée de rassemblement face au combat qui nous anime tout au long de l’année : à savoir l’égalité entre les femmes et les hommes sur l’ensemble de la planète. Ce matin encore, je distribuais des tracts pour l’appel à la manifestation unitaire de demain qui aura lieu à partir de 14h à Paris pour le Droit des femmes. Une choisyenne m’a alors rétorqué qu’elle avait plus de 63 ans et que le Droit des femmes c’était il y a bien longtemps que nous devions le prendre ce droit puisqu’on nous ne le donnait pas. D’autres femmes m’ont encouragé à continuer ce combat commençait il y a plus de 40 ans par le Mouvement de Libération de la Femme, et je devrais même dire il y a près d’un siècle par Olympe de Gouges et sa Déclaration des Droits de la femme et de la citoyenne. Je suis fière d’être féministe, et je dis bien féministe et non pas « Chienne de Garde », je milite pour une juste répartition des tâches entre homme et femme, pour un véritable statut de la femme dans tous les domaines quelqu’il soit et pour une prise en compte de la situation des femmes dans ce pays et dans le monde. Je crois en une société plus juste et plus solidaire, c’est par le biais de l’éducation des filles que nous pourrons y arriver. Justement puisque nous parlons du monde. Revenons sur quelques évènements de 2008 qui ont ponctué notre actualité :
Au niveau de la Politique internationale
Au Rwanda, la réélection en septembre 2008 du Parlement a vu arriver au gouvernement une déferlante de parlementaires féminins puisque 56 % du Parlement est composée de femmes.
Parallèlement à cette élection sans précédent, en Iran : une lettre ouverte à été signée en 2008 par un grand nombre d’organisations importantes des droits humains et des femmes, elle a été envoyée aux autorités iraniennes pour déplorer les mesures adoptées par le gouvernement et demander à celui-ci de respecter les droits et libertés des activistes. Malgré cela, les autorités ont décidé, en décembre 2008, de fermer les bureaux de la principale organisation iranienne des droits humains dirigée par Shirin Ebadi.
Toujours en 2008 nous avons vu arriver l’investiture démocrate la candidature à l’élection présidentielle des États Unis d’Amérique Hilary Clinton.
Je pense également à Taslima Nasreen : qui fait campagne pour l’émancipation des femmes et contre l’oppression des minorités non-islamiques dans les sociétés islamiques telles que son pays d’origine, le Bangladesh. Ou bien encore à Aung San Suu Kyl, dissidente birmane et Prix Nobel de la Paix en 1991 et qui ne peut plus exercer son activité politique car elle est actuellement emprisonnée par la junte militaire au pouvoir en Birmanie.
Mais revenons à la situation des femmes en France et notamment sur les dernières trouvailles du gouvernement de Nicolas Sarkozy :
L’été dernier, 34 ans après la loi dite Veil, 25 ans après son remboursement, 4 ans après l’extension du temps d’intervention de 10 à 12 semaines, des françaises reprennent le chemin de l’étranger pour l’intervention qui leur permet de mettre un terme à leur grossesse non désirée.
Le gouvernement a enfoncé le clou le 23 août dernier en proclamant un décret permettant d’inscrire à l’état civil les enfants sans vie. En effet depuis quelques années, il est permis dans notre pays d’établir à l’état civil, pour les enfants morts à la naissance, simultanément un acte de naissance et un acte de décès, mais aussi, aux termes de l’article 79-1 du Code Civil, un acte de décès d’enfant sans vie, s’il n’existe pas un certificat médical mentionnant que l’enfant est né vivant et viable. Jusque là, cette possibilité n’était admise que pour les fœtus répondant à la définition communément admise de l’OMS, donc d’au moins 500 grammes et 22 semaines, soit sensiblement après 4 mois de grossesse. On pourra donc déclarer à l’état civil des fœtus de deux mois et de 150 grammes, voire de simples embryons plus petits. Cette lecture de la loi qui garantit le respect de l’être humain dès le commencement de la vie est grave car les adversaires de l’avortement s’appuient en général sur cette conviction que la vie commence dès la conception.
À ceci s’ajoute les mesures prises en début d’année sur le financement des plannings familiaux. En effet, 1/3 des plannings familiaux sont menacés suite à la loi de finances de 2009. Le gouvernement souhaite réduire de 42% le budget alloué aux conseils conjugaux, à l’information et à l’éducation sexuelle. Or ces informations et la prévention exercée par les plannings familiaux, en partenariat avec des associations, sont primordiales pour l’avenir des jeunes et des couples en France.
Certes il faut faire des économies mais pas à n’importe quel prix !
Après le Planning familial, Nicolas Sarkozy s’en est pris à nos congés parentaux. En effet, le Président de la République souhaite raccourcir le congés parental sous prétexte qu’il considère que c’est « un immense gâchis pour les femmes » de s’occuper aussi longtemps de leur nouveau-né. C’est sûr que tout le monde ne s’appelle pas Rachida Dati. Premièrement, personne n’a jamais dit que les congés parentaux étaient réservés uniquement aux femmes. Et deuxièmement, le congé parental est un droit fondamental de la famille. Nous soutenons un véritable congé parental partagé entre homme et femme, comme cela existe ailleurs, notamment dans les pays scandinaves, et c’est ce que nous voulons en France !
Enfin, dans notre vie professionnelle où en sommes nous ?
7 val-de-marnaises sur 10, âgées de 16 à 65 ans travaillent.
90% d’entre elles exercent dans le secteur tertiaire.
Seulement 17,9% des femmes au travail sont des cadres contre 27,1% chez les hommes.
Les femmes représentent 20% des temps partiel contre 5% chez les hommes. En France elles représentent 83% des emplois à temps partiel. Et 80% d’entres elles sont payées en dessous du Smic. Si l’on pousse l’analyse plus loin, ce sont celles qui ont des retraites minimes puisque très souvent elles ont arrêtées de travailler pour s’occuper de leur foyer, elles touchent donc des retraites de misère. En effet, après leur 1er enfant, 93% des hommes travaillent à plein temps contre 68% des femmes. À partir du 2e enfant elles ne sont plus que 39% à travailler à plein temps, cela laisse songeur.
Et dans la vie politique ?
Avec 7 élues sur 49, l’Assemblée départementale compte 14,3% de femmes lorsque l’on sait que la moyenne nationale est de 10,4% on pourrait se dire que nous sommes pas si mal que ça en Val-de-Marne, moi je dis que nous pouvons largement faire mieux. D’autant plus si l’on prend en compte le fait que nous n’avons que 5 femmes sur 47 communes qui sont maires. Je souligne d’ailleurs que sur ces 5 femmes 4 sont issus d’un parti de gauche à savoir le parti communiste. Du chemin reste à faire sur la parité en politique. À l’Assemblée Nationale seulement 12,3% des parlementaires sont des femmes et 17% au Sénat.
Je terminerai mon propos sur les violences faites aux femmes car je pense que c’est un fléau qui nous concerne tous et que nous devons, moi en tant qu’élue, vous en tant que personnel de la municipalité, y être vigilantes. En effet, 1 femme sur 10 en France vivant en couple déclare subir des violences conjugales (harcèlement psychologique, insultes, violences physiques ou sexuelles). On estime à près de 36000 le nombre de Val-de-Marnaises victimes de violences. En 2003 et 2004, 8 Val-de-Marnaises sont décédées suite à des violences conjugales. Aujourd’hui une femme meurt tous les 2 jours sous les coups de son conjoint.
Pour conclure, je vous souhaite à toutes une très bonne journée Internationale des femmes et je vous invite à venir manifester demain à Paris à partir de 14h pour vos droits et ceux de vos filles !!!
Elodie MASSÉ Adjointe-au-maire Vie associative et de Droit des Femmes